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vendredi 12 octobre 2012

Belvédère : Moncigale, société potentiellement rentable cherche repreneur d'urgence

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Petit retour sur Moncigale, après lecture de chiffres hallucinants découverts sur Boursorama, et confirmé par le Midi libre, dans son édition du 4 octobre.  Moncigale, en RJ depuis que BVD a essayé de s'en servir de paravent l'an dernier,  présentait donc un plan de continuation ce 2 octobre, puisque si la Cour d'Appel de Nimes a bien rejeté la tentative de confusion de patrimoine avancée par Belvédère, personne n'est revenu sur la transformation du plan de sauvegarde en RJ généré par cette tentative de sa grand-mère.

Moncigale présentait donc un plan de continuation basé sur un apurement de créances à hauteur de 7 millions d'euros. Difficile de savoir comment le chiffre a été arrêté, au vu des dettes et de l'actif circulant au 31 décembre 2011 (32 millions de dettes tout confondu, fournisseurs, Etat et 13 M€ à sa maison-mère incluse contre 33 millions d'euros d'actifs circulant dont 4,7 millions de trésorerie).  Mais je ne vais le contester, alors que le principe de la supposée cessation de paiement m'avait étonné.

Le problème de Moncigale n'est pas là. Son problème, c'est que que le montant des créances déclarées est évalué à 70 millions d'euros : 20 millions au titre des dettes courantes, 20 autres réclamés par Marie-Brizard (Ciel, quelle augmentation : MBRI aurait-elle avancé de nouveaux fonds en 2012, ou bien a-t-elle modifié le montant de ses intérêts ou prestations?). Mais surtout,  30 millions d'euros au titre du contrat Chamarré, dont dommages et intérêts pour rupture jugée abusive par ses dirigeants.

C'est quoi le contrat Chamarré?  Une vieille histoire. Chamarré était une société de commercialisation de vins tombée en RJ. Rachetée par Alain-Dominique Perrin, administrateur au sein du groupe Belvédère. Qui avait trouvé avec Moncigale un formidable exutoire pour assurer la survie de cette entreprise tout juste rachetée. Nul ne dit qu'il est intervenu à la signature du contrat de cession de marque. Ce sont probablement les dirigeants officiels de Chamarré qui ont proposé le deal  : "Nous mettons la marque à votre disposition, en contre-partie, vous nous garantissez tant de millions d'euros  de volume d'achat". Le monde est bien fait, quelquefois.  Bref, ce contrat aux clauses léonines, même s'il n'est pas la seule raison, a sans aucun doute participé fortement au renversement de tendance chez Moncigale. Qui est passée en quelques années d'un profit de 4 millions d'euros à des pertes récurrentes.  1,3 M€ pour 2011. C'était peut-être assez voyant, ou pas dans les objectifs du nouveau PDG officiel de BVD, KT,  pour que Maitre Fabre, l'administrateur judiciaire, y mette le holà peu après le redressement judiciaire de 2011. Et du coup, Chamarré demande 30.8 millions d'euros pour rupture abusive de contrat.  Faut les comprendre, aussi. Un contrat qui rapporte autant avec aussi peu d'investissement, c'est quand même un crève-coeur que d'y renoncer. Vous accepteriez, vous, qu'on vous sucre une rente sans contre-partie?  Il faut espérer que cette demande loufoque ne sera pas validée pour 1 centime. Car sinon, j'imagine bien les petits loulous de ma banlieue se retourner contre les flics qui les empêcheraient d'abuser "Y m'ont cassé mon bizness, M'sieur le Juge".  Car sinon j'imagine bien toutes les sociétés condamnées pour abus de position dominante se retourner contre ceux qui les ont condamné : "Rupture abusive de contrat, n'en plaise à  la Cour".

L'autre vrai problème de Moncigale, ce n'est pas son marché potentiel : 2011 a prouvé qu'il lui était possible de se développer à l'international, avec 90.000 hectolitre vendus en Chine, et reconduits sur 2012. Mais il est vrai que c'est une rupture par rapport aux années précédentes, où la commercialisation du Groupe BVD a été effectuée au détriment de Moncigale, si l'on en juge les déclarations du PDG de BVD qui voulait à tout prix prouver l'an dernier qu'il avait usé et abusé du patrimoine de Moncigale.  Prétentions rejetées par la Cour d'Appel de Nîmes en l'absence de preuves. Mais on ne demande qu'à le croire. Et si Moncigale doit s'en tirer seule, il faudra bien envisager une commercialisation digne de ce nom. Car son CA a quand même été divisé par 2 depuis sa reprise par BVD.

En dehors de l'appareil commercial, l'appareil industriel a lui aussi souffert d'un manque d'investissement. (des douches pour les salariés? Mais vous rêvez?).  Reprendre Moncigale, représente donc un investissement conséquent. Estimé par les délégués syndicaux, si l'on se fie à la presser locale, entre 5 et 15 M€.    Sous réserve que la déclaration de créances soit conforme au denier bilan.

240 emplois à la clé. Et un retour sur investissement peut-être rapide si l'on en juge ce dernier bilan finalement assez sain, et la gestion particulière de BVD. Mais voilà. A priori, il n'y aurait que jusqu'au 6 novembre pour se décider.  Dommage que les titulaires d'OBSAR, floués jusqu'à l'os, n'aient pas la possibilité de demander l'attribution de Moncigale et de la soulte nécessaire en échange de leurs 90 à 100 millions d'euros. Cela serait toujours plus rentable que de lointains BSA sur l'improbable Sobieski.  Mais si la vie est quelquefois bien faite pour certains, elle n'est pas toujours aussi simple.  Reste donc à espérer que parmi les deux candidatures évoquées, l'une d'elle aboutisse. 

samedi 29 octobre 2011

BELVEDERE : revue du Web et mouvements sur le cours

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Pour les nostalgiques de Marie-Brizard et de Moncigale, qui savent ce que "Patron" veut dire, à lire sur http://www.rayon-boissons.com/Portraits/Eric-Brousse-President-directeur-general-de-Gabriel-Meffre-16456 une interview de leur ancien PDG, Eric Brousse. On peut comprendre qu'il était plus motivant de travailler avec un dirigeant qui menait son entreprise au succès, qui savait écouter et manager ses collaborateurs, plutôt qu'avec la bande de clowns pseudo-managers actuels.




Surtout quand on connait le brillant parcours de Erick Antony Skora, ancien des Pastis Bergers, et de retour aux manettes.







Côté cours de l'action Belvédère, on a assisté hier à de curieux mouvements : les volumes ont quadruplé par rapport à ces dernières trois semaines, et suite à ces échanges qui ont fortement augmenté dans l'après-midi, le titre a pris plus de 18%, pour cloturer à 33.00 euros. Délit d'initié, énième tentative de manipulation, ou simple emballement passager auto-entretenu?

A priori, on avait des échanges impliquant d'un côté un (des) gros intervant(s) avec en face une multiplicité de petits ordres. Voir sur Euronext ou ici le détail des ordres.

Un nouveau pseudo créé avant-hier, Golem_13, a fugacement fait état de la vente d'une des marques, "Sobieski restant tête de pont devant Marie-Brizard". A prendre avec beaucoup de pincettes, le dit pseudo, créé avant-hier, se révélant être un parfait enfumeur quand il tente de refourguer sa camelote sur Leadmedia Groupe, en prétendant que le RN redevient positif, alors qu'en réalité il passe en perte, malgré une croissance de 90% du CA du à une acquisition...

Rappel : AG de BVD ce lundi

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Edition du 13/02/2013 : à la demande Erik Skora, qui m'adresse par mail  une demande de purge de certaines informations dont il juge qu'elles ont un caractère personnel, demande faite au titre de l'article 40 de la loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, une phrase de l'article a été supprimée.

vendredi 14 octobre 2011

BELVEDERE : Décision de la Cour d'Appel le 1er décembre

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Les débats ont été très soutenus hier, lors de la séance de la Cour d'Appel de Nîmes, qui devait statuer sur la confusion de patrimoine Moncigale/Belvédère. La décision a été mise en délibéré au 1er décembre 2011.


On rappellera que le 6 décembre, une audience est prévue au Tribunal de Commerce de Nîmes pour faire un "point sur l'activité économique de l'entreprise, avec données économiques les justifiant, sur le renouvellement de la période d'observation ou à défaut liquidation judiciaire".



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mercredi 12 octobre 2011

BELVEDERE - Revue de Presse - Une synthèse sur l'AFP

Spiritueux: Marie Brizard, le verre de trop pour Belvédère

NIMES, 12 oct 2011 (AFP) - Par Pierre PRATABUY


Trois doses de dette, une de Marie Brizard, un doigt de vodka polonaise chère à Bruce Willis et un zeste de fonds d'investissement: les ingrédients du feuilleton Belvédère forment un drôle de cocktail pour le groupe de spiritueux en difficulté financière.

Dernier coup de théâtre, mardi: le remplacement du PDG historique Jacques Rouvroy, qui quitte l'entreprise pour "raisons personnelles", par son bras droit Krzysztof Trylinski, cofondateur du groupe.

Deux jours avant que la cour d'appel de Nîmes réexamine, jeudi, la validité de la sauvegarde de Belvédère, M. Trylinski a également annoncé la cession de deux marques, invitant les créanciers du groupe à négocier pour sauver ses 3.650 emplois, dont 750 en France.

Mais après trois ans de crise, ces derniers ne font plus confiance au propriétaire de l'anisette Marie Brizard, de la vodka Sobieski et du whisky William Peel, qui a cumulé 293 M d'euros de pertes nettes depuis 2008 et compte plus de 600 M EUR de dettes. Des montants qui n'ont pas empêché MM. Rouvroy et Trylinski d'augmenter leur rémunération en 2010.

A sa création en 1991, le groupe fait dans le packaging, flairant un marché pour l'alcool haut de gamme: ses bouteilles de vodka sérigraphiées font un tabac. Au tournant des années 2000, la Pologne privatise ses distilleries et Belvédère se lance dans la production.

Les difficultés commencent en 2006, quand il achète Marie Brizard en empruntant 375 M EUR sur le marché américain sous forme d'obligations à taux variable ("floating rate notes", FRN). Dès 2007, il revend deux marques dont Pulco à Orangina, pour racheter ses actions dans le cadre d'un conflit avec leur principal détenteur, CL Financial, un fonds de Trinidad et Tobago que le groupe sort de son capital.

"Ils se sont surendettés en payant Marie Brizard trop cher et en cédant aussitôt les actifs les plus rentables", déplorent les créanciers aujourd'hui.

Surtout, Belvédère viole des clauses de l'emprunt obligataire, qui prévoyait que l'argent de la vente d'actifs soit réinvesti ou serve à rembourser les détenteurs de FRN. Les agences de notation sanctionnent le groupe, la valeur de ses obligations perd jusqu'à 80% et son action chute en Bourse.

Des "rapaces", selon Belvédère, arrivent alors pour racheter de la dette à bas prix. Parmi eux, le fonds américain Oaktree Capital, qui possède une activité de vodka en Pologne et lorgnerait sur Sobieski, 7e marque mondiale dont l'acteur américain Bruce Willis fait la promotion depuis qu'il est devenu actionnaire de Belvédère fin 2009.

"Ils racontent une histoire qui les arrange pour gagner du temps", dément un porte-parole d'investisseurs détenant plus de 60% de la dette du groupe, dont Oaktree. "On s'en tient aux faits: ils ont bravé des interdits et les créanciers, qui n'ont rien perçu depuis l'été 2008, veulent être remboursés".

A cette date, Belvédère s'en remet à la justice: le tribunal de commerce de Beaune, où il a son siège, ouvre une procédure de sauvegarde. Fin 2009, un plan rééchelonne la dette sur dix ans, revente de Marie Brizard à la clef.

Fin 2010, le groupe peine cependant à honorer sa première échéance de remboursement et les créanciers lui reprochent de ne pas respecter ses engagements sur Marie Brizard. Ils l'attaquent en justice et la cour d'appel de Dijon met fin à la sauvegarde en juin 2011.

"On s'est fait enfumer sur le calendrier des cessions", dénonce M. Rouvroy.

Mais le feuilleton rebondit dans le Gard, où Belvédère obtient une nouvelle sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Nîmes, via une filiale de Marie Brizard, la maison de vins Moncigale. Le parquet a fait appel de cette décision, dans laquelle les créanciers ne voient qu'une "manipulation" pour sauver la holding sur le dos des filiales.

"On en a marre d'être ponctionné", déplore un délégué syndical chez Moncigale, où un emploi sur trois a disparu depuis 2007 et où on redoute désormais une faillite du groupe.

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BELVEDERE - Revue de Presse. Interview de KT dans le Midi-Libre

Mensonges et cynisme sont toujours au RDV, dans cet interview que K. Trylinski a accordé au Midi-libre :



Morceaux choisis :

"Cette procédure permet enfin d'amener nos chers créanciers à la table des négociations. Ils ne peuvent plus fuir"

Réellement? Ils n'avaient pas déjà négocié dans le cadre du premier plan de sauvegarde, en acceptant l'étalement de leurs créances?

Ils n'avaient pas déjà accepté le second round de négociations sous l'égide du TC de Dijon? Négociations que le même K Trylinski s'est empressé de rompre en plaidant pour une confusion de patrimoine avec Moncigale?


"Aujourd'hui, mon salaire est de 360.000 par an, et on a eu une prime de 200.000 euros sur 3 ans"

Je veux bien que 360.000 euros soit par la part fixe, mais la prime sur 3 ans, c'est incompréhensible. Les rémunérations des deux années précédentes était déjà de 420.000 euros. La différence c'étaient des primes sur 0 avant Jésus-Christ?

Peu importe. Plus de 35% d'augmentation en 2011, on a du mal à en comprendre les justifications économiques vu les résultats peu brillants en termes financiers et de suppression d'emploi. (-12% de salariés cette année).




"On n'a jamais licencié à Moncigale".


Là, ce n'est pas du mensonge. Juste du cynisme. Car il y a d'autres moyens que les licenciements pour supprimer des emplois. Lorsque les syndicats disent qu'un tiers des emplois a été supprimé, je veux bien les croire sans aller vérifier dans l'historique des comptes. Car entre les gens écoeurés par l'arrivée de la nouvelle Direction , et qui ont démissionné, et les CDD non renouvelés, on est pas loin du compte.


"Nous ne sommes pas spéculateurs, mais des industriels"


Mouais... Sauf qu'un industriel, il ne passe pas son temps à spéculer sur le cours de ses propres actions. BVD, rien que pour 2010, c'est pour 12 M€ d'actions achetées, et 16,7 M€ d'actions vendues.... Et une condamnation de l'AMF pour manipulation de cours.

Non Monsieur. Un industriel, avec l'argent de sa société, il paie ses créanciers.



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samedi 1 octobre 2011

Moncigale : solidarité vigilante des Coteaux d'Aix

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A lire sur la revue Internet "La Vigne", le souci affiché du syndicat des Coteaux d'Aix de maintenir ses approvisionnements à Moncigale,(qui représente plus du tiers de sa commercialisation) tout en renforçant les mesures financières lui permettant de s'éviter les déboires d'impayés : paiement d'avance du HT, clause de réserve de propriété, échéancier de TVA et des cotisations interprofessionnelles.


Rigoureux financièrement pour Moncigale, mais sans doute la meilleure solution, quand on apprend comment l'Administrateur Judiciaire, Maître Olivier Fabre, gérait les fonds recueillis en attente d'affectation : en 1998, suite à une enquête parlementaire sur le fonctionnement des Tribunaux de Commerce, le responsable de la CDC en charge du recueil de ces fonds avouait à la Commission d'enquête que, sur toute la France, le plus gros déposant était Maîtres Fabre et Pernaud-Orliac, donc les comptes détenaient plus d'un milliard de francs, suite à une affaire toujours pas réglée.

Par ailleurs, ce mandataire s'est illustré dans une affaire(Montlaur) où le montant des honoraires excédait quelquefois le montant des sommes qu'il était chargé de recouvrer :
A Montpellier, le dossier de la faillite des supermarchés Montlaur vient de rebondir à l'initiative de leur ancien patron, Michel Montlaur. Après quatre ans de procédure, la cour d'appel de Montpellier a ordonné que sa plainte soit enfin instruite. Il accuse l'administrateur Olivier Fabre et le mandataire Philippe Pernaud de s'être entendus avec Michel Fromont, l'ancien président du tribunal de commerce, pour saucissonner le dossier en 37 redressements afin de multiplier leurs émoluments. Exemple : « Sur une créance d'un montant de 394 000 euros, ils ont réussi à facturer 760 000 euros d'honoraires ! » s'exclame Me Job, avocat de Montlaur. Au total, Pernaud et Fabre, qui n'ont pas souhaité s'exprimer, auraient facturé 6,7 millions d'euros d'honoraires, sans compter 3 millions de frais d'expertise et de procédure. Autant d'argent en moins pour les créanciers de Montlaur, souvent des petits fournisseurs. Certains ont dû déposer leur bilan, faute d'être remboursés à temps.

En 2004, dan l'affaire d'Airlib, Maitre Fabre était épinglé par Libération pour sa curieuse conception des intérêts de la société qu'il administrait, et des priorités qu'il accordait au versement de nouveaux salaires d'un ex-dirigeant...


Voilà pour les créanciers de Moncigale. Quand aux actionnaires, à ce tarif-là, et si le RJ n'est pas annulé, ce serait un miracle qu'ils retrouvent 15 euros sur une action qui cote en ce moment autour de 30 euros. Finalement, il n'est pas exclu, une fois payés les frais de justice, honoraires du RJ, et autres créanciers, qu'ils n'aient que leurs yeux pour pleurer. Mais ils auront été prévenus.


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jeudi 22 septembre 2011

Belvédère et Moncigale en RJ : nouvelles surprises de la Justice consulaire

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Ainsi, Belvédère et Moncigale ont été mises en RJ mardi, dans une procédure conjointe. A la demande du représentant des créanciers, Maître Torelli, et de Maitre Olivier Fabre, l'Administrateur Judiciaire devenu proche des dirigeants (dont il ne dédaigne pas les invitations à dîner).


En dépit de toutes les manoeuvres auxquelles se sont livrées les dirigeants pour échapper à leur créanciers, ils conservent la main sur la gestion des deux sociétés, Maitre Fabre n'intervenant qu'au titre de "l'assistance aux dirigeants".

Désormais, Krzysztof Trylinski et Erick Antony SKORA assurent donc les commandes (Ils ont été nommés respectivement Président et DG du Groupe lors d'un CA tenu mardi, Jacques Rouvroy ayant été remercié pour ses bons et loyaux services, avec une à la clé une indemnité potentielle dont le montant n'a pas été officiellement communiqué).

Quelles raisons d'espérer pour les salariés de Moncigale? Elles sont très maigres. Un tiers des emplois a déjà été détruit depuis 2007. Même si la Cour d'Appel de Nîmes, dans sa séance du 13 octobre, rejette la confusion de patrimoine qui a mené à cette situation, cela ne changera pas grand chose pour Moncigale. Qu'elle soit sous RJ ou sous plan de sauvegarde. Puisque dans les deux cas, les dirigeants restent les mêmes, Jacques Rouvroy mis à part. Car c'était les deux polonais qui tenaient les rênes jusque là. Même si il fallait bien un français pour assurer le rôle de potiche.

Et ces dirigeants ont fait la preuve jusqu'ici de leur carences en matière de gestion pour l'ensemble du Groupe : pertes abyssales (179 M€ en 2009 pour le Groupe Belvédère), destruction d'emplois en France, et mépris total des créanciers. Sans parler des abus de bien sociaux ouvertement revendiqués devant le Tribunal de Commerce en ce qui concerne Moncigale. Ni de ceux auxquels ils se sont livrés concernant Marie-Brizard (car comment analyser autrement le cadeau de 100 M€ qu'ils se sont fait, en omettant de déclarer sa créance à leur encontre?). Ni de ceux qu'ils ont commis juste avant la mise sous sauvegarde de Moncigale : pourquoi la marque de vins moribonde, rachetée Alain-Dominique Perrin, Administrateur, est-elle favorisés dans la commercialisation plutôt que celles de Moncigale, et dans des conditions ruineuses pour cette dernière?

Il y a d'autres questions, mais qu'importe, si les dirigeants continuent à avoir les pleins pouvoirs pour finir de ruiner la société?


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L'analyse du jugement qui a confirmé la conversion en RJ fait ressortir quelques points étonnants :

1. Concernant le caractère suspensif de l'Appel : cette hypothèse vole en éclat, le procureur MASSIP ayant pris la peine de préciser "que l'appel du parquet n'a pas d'effet suspensif la jurisprudence est constante à ce sujet (courrier du parquet général du 20 juillet 2011) donc le Tribunal de Commerce de NIMES peut trancher".

Curieux. Car l'article 661.1 précise bien que "II.-L'appel du ministère public est suspensif, à l'exception de celui portant sur les décisions statuant sur l'ouverture de la procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire", et en l'occurrence, l'appel portait non pas sur la décision de mise sous sauvegarde de l'une des sociétés, mais sur le jugement de confusion de patrimoine. Mais bon, puisque le Parquet l'écrit, on supposera qu'il est au fait de la Jurisprudence !


2. Concernant la procédure de conciliation demandée au TC de Dijon, et avortée :
Attendu que Monsieur TRYLINSKI, Directeur Général de la SA BELVEDERE, a fait part de ses excuses au Tribunal quant à la procédure de conciliation lancée par un associé dont il n'était pas au courant"

Ben oui! "un associé"- et on suppose que pour pouvoir agir, ce n'était pas un boursicoteur lambda, ni même Bruce Willis, mais un associé doté des pouvoirs de représenter la société, du genre, le Président. Et ainsi, le Président de Belvédère aurait demandé une procédure de conciliation dans le dos de son Directeur Général? Quelle pétaudière. Comme dit ma grand-mère "Faut y vouèrre pour y croièrrre"! Contrairement à moi, qui a passé mon enfance de l'autre côté du Rhône, ma grand-mère est bourguignonne, ce qui explique l'accent.


3. Concernant l'éventuelle cessation de paiement de Moncigale : accrochez-vous bien sur le raisonnement, car :
- lors de la demande de procédure de sauvegarde, Moncigale a fait état d'un actif disponible à hauteur de 39 551 000 euros pour un passif échu et à échoir de 31 145 000 euros, dont 13 497 OOO euros de compte-courant à Marie-Brizard et 18.166.000 de stocks.
Première erreur. Ni le compte-courant de Marie-Brizard, passif à échoir et non exigible puisque celle-ci a dit ne pas en demander le remboursement, ni les stocks, qui ne constituent pas un actif disponible, n'étaient à déclarer. Elle aurait du déclarer 21.385 K€ d'actif disponible, et, au maximum, 17.648 de passif exigible (au maximum, car on ne sait pas s'il y a d'autres sommes "à échoir" en sus du compte-courant). Soit 3,5 M€ de trésorerie disponible à court terme.

- Maitre Fabre a demandé un audit financier à un cabinet spécialisé, Eight Advisory. Et en conclut que "la SAS Moncigale n'a pas de souci de trésorerie jusqu'à la fin de l'année". Et qu'il convient donc de prononcer la conversion en règlement judiciaire. (Sorry, Maître, je n'ai pas compris la logique).

- Maitre Torelli, le représentant des créanciers, conclut lui, que puisque les stocks n'étaient pas à inclure dans les actifs, "il est donc certain que la SAS Moncigale est cessation de paiement au sens de la loi dès l'ouverture de la procédure". Maître, et si vous enleviez les passifs à échoir qui eux non plus n'ont pas à être déclarés?

- Un avocat, Maitre Chabaud, "affirme l'absence de rupture de caisse et qu'aucun créancier n'a pas été réglé au jour de la déclaration de sauvegarde". Mais il anticipe sur la décision de la Cour d'Appel, et conclut que "la cessation de paiement de la SA Belvédère entraine, suite à la confusion de patrimoine des deux sociétés, la cessation de paiement de la SAS Moncigale, les procédures étant indissociables". Heu.... Maître, il n'y avait pas un appel sur cette confusion de patrimoine?

- Dernier mot au procureur : il dit partager l'analyse de Maitre Torelli.

Conclusion : le Tribunal constate la cessation de paiement de Moncigale, et fixe au 14 juin 2011 la date de cessation de paiement.



4. Concernant l'état de cessation de paiement de Belvédère elle-même, peu de surprise, puisque dès lors que la résolution du premier plan de sauvegarde avait été prononcée par le TC de Dijon, il était clair que sans négociations, ils n'avaient pas les moyens de payer leurs créanciers. Par contre, les PP titulaires d'OBSA qui comptaient, suite à la décision de la Cour d'Appel, voir enfin débloquer les sommes consignées au titre de dividende et dont le règlement avait été annoncé à grands coups de communiqués de presse vont devoir déchanter. Car que prévoit l'Administrateur pour pallier aux problèmes de Trésorerie de Belvédère?

"Que la SA Belvédère puisse récupérer les fonds qui sont les siens, actuellement détenus par les anciens Commissaires à l'exécution du plan (une assignation est prévue devant le Tribunal de Commerce de Nîmes) et que le Tribunal l'autorise à pouvoir alimenter ses filiales selon des modalités à définir".

Sur ce point, j'avoue mon ignorance. Je pensais que la somme destinée aux créanciers n'était consignée que dans l'attente de la décision de la Cour de Cassation sur la validité de la part des FRN. Et que la Cour de Cassation ayant reconnu les créances, FRN comme titulaires d'OBSA auraient pu en espérer le versement. Mais il semble que Belvédère pourra en retrouver la libre disposition. Je vois d'ici là les commentaires sarcastiques des actionnaires : "on vous a bien eu, les créanciers! Cela vous servira de leçon d'avoir tenté de vous enrichir en prêtant de l'argent à BVD!".

Ne vous réjouissez pas trop vite, petits spéculateurs : car si la cotation de l'action est maintenue, c'est bien pour permettre d'écouler l'auto-contrôle, comme l'atteste l'autre source de financement prévue par l'Administrateur :
"Que le Tribunal autorise la SA Belvedere, sous la condition du maintien de la cotation en bourse, à procéder à des cessions de l'auto-contrôle pour restaurer également la trésorerie de ses filiales, et conforter ainsi par la production les actifs du groupe".

Quand à la cession éventuelle de marques, il n'en n'est pas question dans les solutions avancées dans ce jugement.

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vendredi 16 septembre 2011

Tribunal de Commerce de Nîmes : la "Justice Consulaire" à l'oeuvre

Situation critique pour Moncigale, que Belvédère semble bien vouloir entraîner dans sa chute à tout prix.

Rappel de la situation : Belvédère a demandé la mise sous sauvegarde de sa sous-filiale en mai dernier. Puis a demandé à bénéficier d'une extension de la procédure à elle-même, en arguant d'une confusion de patrimoine (confusion justifiée, selon Belvédère, par les abus de biens sociaux qu'elle commet à l'égard de Moncigale). Le Parquet a fait appel de cette décision, et le jugement est prévu pour mi-octobre. Cet appel étant suspensif, le Tribunal de Commerce, qui avait une audience ce mardi 13 pour examiner le sort des deux sociétés aurait pu temporiser, même si BVD est d'ores et déjà en cessation de paiement (cf l'inscription du fisc et les derniers intérêts de FRN restés impayés). Ou décider du RJ de la seule Belvédère.

Il est certain que si la Cour d'Appel rejette l'extension de procédure à Belvédère, c'est le RJ quasi-assuré pour cette dernière. Mais Moncigale? Elle est en pertes, certes. Mais sa situation pourrait probablement se redresser si Belvédère lui payait ses dettes, et arrêtait de la défavoriser dans la commercialisation de ses produits. Si Belvédère arrêtait de lui imposer des contrats aux clauses léonines pour favoriser quelques copains.

Or que fait le représentant des créanciers? Il demande, contre l'avis d'une partie de ses créanciers, le RJ de Belvédère ET DE MONCIGALE. En théorie, c'est la seule solution pour exclure l'équipe actuelle de la gestion de Moncigale. Puisque dans une procédure de sauvegarde, les dirigeants gardent la main sous le contrôle des Commissaires à l'exécution du plan. Et Belvédère a déjà montré à Dijon qu'il se souciait des avis des Commissaires comme de sa dernière bouteille de Pulco. Mais pourquoi aller contre l'avis des créanciers, qui ont indiqué au journal "Les Echos" ne pas souhaiter ce RJ pour Moncigale? En craignant que cela ne conduise l'entreprise à sa disparition?

En parallèle, le vrai travail d'un administrateur judiciaire serait de tout faire pour sauver l'entreprise. Ce qui suppose qu'il tienne ses réunions de travail ailleurs que lors d'un dîner privé, sur l'invitation d'un dirigeant qu'il est précisément censé contrer.

Croisons encore une fois les doigts. Mais je le sens mal. J'espère me tromper.

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dimanche 4 septembre 2011

Pièce en deux Actes. 2- BELVEDERE fait chanter ses Commissaires aux Comptes et prend ses actionnaires pour des idiots

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AGE de Belvédère ce matin, donc, pour valider le changement de siège social de Dijon à Beaucaire. Motif avoué : les Juges du Tribunal de Commerce de Dijon se sont à l'usage révélés peu accommodants en résiliant le plan de sauvegarde de Belvédère. Résiliation due au fait que Belvédère avait bafoué les engagements qu'elle avait pris à l'occasion de son plan de sauvegarde. Alors que le Tribunal de Commerce de Nîmes s'est montré beaucoup plus conciliant, en acceptant la mascarade de confusion de patrimoine entre Moncigale et Belvédère, et par le même coup un nouveau plan de sauvegarde, qui permettrait à Belvédère de fuir ses créanciers pendant une nouvelle période de dix ans. (Rappel : les Tribunaux de Commerce sont une Justice dite "Consulaire", et les Juges sont de simples particuliers, généralement chefs d'entreprises locaux, indépendants du Ministère de la Justice).


Après l'accueil bon enfant effectué par les salariés, les actionnaires qui ont pu trouver les locaux de l'usine de Moncigale ont eu droit à une série de discours des plus lénifiants. En résumé ; tout va bien, les Dirigeants sont parvenus à créer un Groupe de premier plan, et, en matière de perspectives, le projet de création d'une nouvelle usine Moncigale dans la plaine du Rhône montre, s'il en tait besoin, que tout va très bien, Madame la Marquise. (On rappelle que Moncigale, en procédure de sauvegarde, n'a pas vraiment les moyens de réinvestir en ce moment. Toutefois, les terrains actuels situés en centre ville, sur le secteur de la Marina tant défendue par Monsieur le Maire, pourraient être échangés par d'autres situés en zone inondable, et donc forcément moins chers).

A l'un des actionnaires qui posait une question sur les comptes 2010, toujours pas parus, une seule réponse : ce point n'est pas à l'ordre du jour. Aucune tendance n'a donc été précisée.

Par contre, alors que les comptes 2011 n'étaient pas non plus à l'ordre du jour, les Dirigeants de Belvédère s'en sont donné à coeur joie pour échanger avec Nicolas Miguet des estimations surréalistes sur la valorisation de la société !

En signalant tout d'abord que les chiffres de ventes étaient EXCELLENTS (En Pologne, en Chine, aux USA,...). Et puis, ils se sont malheureusement contredits, en voulant en faire trop. Ils ont pris à partie les Commissaires aux Comptes présents. A qui ils font le chantage suivant (par voie de mise en demeure parait-il, mais j'ose espérer que la seule mise en demeure était celle orale de N. Miguet, et que j'ai mal compris pour le reste) :

- soit les CAC acceptent une ré-évaluation de la marque Sobieski. A la bagatelle de 1 milliard d'euros. Soit plus de 400 fois la valeur actuelle de l'ensemble des marques hors Marie-Brizard !

- soit les CAC refusent. Auxquels cas, ils seront, implicitement, virés.

Belvédère n'en est pas à son premier chantage envers ses CAC, puisque déjà en 2008, ils avaient mis fin au mandat de KPMG qui refusait de céder à leurs demandes


Sur quoi se base Belvédère pour demander une telle ré-évaluation? Et bien sur le nombre de bouteilles vendues. Plus de 1 million et demi de caisses de vodka selon elle. Dont 90.000 caisses par mois pour la Pologne. Soit 18 millions de bouteilles en tout. BVD estime donc que sa marque devrait être valorisée DANS LES COMPTES à hauteur de 55 euros par bouteille vendue. Alors que, pour les seuls Etats-Unis, au S1 2009, le prix de vente moyen était de ...2.16 euros. Dont près de la moitié de pertes! Pourquoi est-ce surréaliste? Car la valorisation réelle d'une marque est liée au nombre d'articles vendus et à ses parts de marchés, certes. Mais aussi à la rentabilité des produits vendus. Et en l'occurence, en l'absence de comptes, on n'en sait rien. Même si le Sieur Miguet prétend que la rentabilité opérationnelle est atteinte. Comme il n'a pas eu connaissance des comptes qui ne sont pas arrêtés, il peut bien raconter n'importe quoi. Cet échange était des plus loufoques. Mais a permis d'en donner pour leur argent aux actionnaires qui avaient fait le déplacement.

L'autre facteur surréaliste est que Sobieski est une marque créée par le Groupe. Elle ne peut donc pas être ré-évaluée par un simple claquement de doigts, quelle que soit sa valeur de marché.


Quand aux objectifs de l'annonce d'une ré-évaluation, ils peuvent être les suivants :

- laisser croire à l'enregistrement d'un profit virtuel dans les comptes, comme si la marque Sobieski avait été effectivement cédée au prix de 1 milliard de euros. Et ainsi, rassurer les actionnaires en leur faisant croire qu'ils pourront échapper à une augmentation de capital. En effet, les fonds propres sont actuellement négatifs, et devront donc être reconstitués avant la fin de l'année.

- accessoirement, faire croire aux actionnaires qu'une nouvelle spéculation sera possible sur la titre, sur la base d'un RN fortement revu à la hausse.

- rassurer politiquement en local, en laissant entendre que seule Moncigale compte, et que la marque Sobieski pourrait être cédée. Pas de chance, dans ce cas non plus une ré-évaluation libre sur la base de profits attendus ne n'applique pas!

Au passage, les actionnaires attentifs retiendront toutefois un point de ces échanges : les promesses de vente de 1 million de caisse de vodka aux USA et d'autant en Chine sont bien oubliées... même si pour la Chine on avance désormais en contre-partie 200.000 bouteilles de cognacs vendues! Le mieux serait d'écrire cela dans les comptes.


Naturellement, pendant cette AG de 2H30, on a bien brossé dans le sens du poil les petits actionnaires, en leur faisant miroiter l'inscription à la prochaine AGO d'une résolution visant à nommer un administrateur les représentant, en sus du sieur Bourbousson (qui parie pour Miguet?). Sans jamais évoquer le sort de la prochaine procédure d'appel. Y avait-il besoin de bla-blater une heure sur le sujet, les Dupont-Dupond? Quand une simple résolution suffit?

Dans l'ensemble, une remarquable AG où l'on a bien pris les actionnaires pour des idiots. Qui se retrouvent donc sur un pied d'égalité avec Juges et créanciers !

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samedi 3 septembre 2011

Pièce en deux Actes. 1- BELVEDERE prend les Juges et ses créanciers pour des idiots

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On savait que, suite à la résolution du plan de sauvegarde par le Tribunal de Commerce de Dijon, Belvédère avait annoncé vouloir des négociations avec les créanciers. Ce qu'on ignorait, c'est qu'elle avait demandé au TC de Dijon que ces négociations se fassent sous sa houlette.

Or l'avocat des obligataires, a lâché le morceau dans une interview au Midi-Libre : le jour-même où le TC de Dijon l'a convoqué pour lui faire part de son acceptation, BVD a demandé à bénéficier de l'extension de sauvegarde de Moncigale au TC de Nîmes, en arguant d'une confusion de patrimoine.

Dans la série Double Jeu et faux-cul, difficile de faire mieux. Cela a permis d'éviter que les créanciers ne lancent les procédures judiciaires qui leur auraient permis de faire valoir leurs intérêts (car quand on est de bonne foi, et qu'on accepte des négociations amiables, on ne lance généralement pas dans des procédures judiciaires). Puis de leur faire un pied de nez : "Désolé les gars, on vous a entubé, vous êtes repartis pour 10 ans".




Ah si, pour la série faux-cul : dans le même article, le Midi-libre a donné la parole au Directeur Général de Belvédère, Krystof Trylinski. Qui affirme que grâce à cette procédure de confusion de patrimoine, Moncigale récupère, outre quelques dettes, les fabuleux actifs de BVD. Il va prendre longtemps les gens pour des naïfs?

Chercherait-il à obtenir le soutien des viticulteurs locaux? C'est raté. Car si la confusion de patrimoine est confirmée lors d'une prochaine instance judiciaire, cela voudrait dire que Moncigale, actuellement à l'abri des créanciers de BVD et de ses propres actionnaires du fait de son plan de sauvegarde, devrait payer les plus de 600 millions d'euros de dettes de sa maison-mère. En étant théoriquement couverte par des actifs que la Direction souhaite voir évaluer très haut. Seulement voilà : entre des dettes exigibles de suite, et des actifs EVENTUELLEMENT vendables, il y a un écart de délai. Voire de valorisation, puisque tous ces actifs sont déjà grevés de nantissement et garanties en tous genres.

Et gageons que n'importe quel Groupe intéressé par un éventuel rachat des marques ou activités de Belvédère n'ira pas se précipiter. Tout d'abord parce que Belvédère, qui a eu plus de trois ans pour vendre ses marques, avait fait capoter les négociations précédentes. Et parce que désormais, des acquéreurs éventuels seraient en position de négocier au prix bas. Si tant est qu'un Groupe accepte de faire confiance aux dirigeants de Belvédère. Connaissant leurs techniques d'enfume, leur acheter directement reviendrait à engager des frais sans être certain qu'ils ne feront pas, une nouvelle fois, capoter l'affaire. Dans ces conditions, il est nettement plus sain d'attendre une vente décidée judiciairement.

Moncigale, ses salariés et ses créanciers ont donc tout à perdre d'une décision de confusion de patrimoine. Et les gesticulations du Sieur Bourbousson disant qu'il se bat pour la sauvegarde de l'emploi local ne sont de toute évidence, au mieux, qu'une erreur de jugement. Et au pire, un simple manoeuvre politicienne, assortie, ou pas, de renvoi d'ascenseur.

Que la Chancellerie du Ministère de la Justice ait, selon les informations du même Midi Libre, dans son article "Belvedere dans la tourmente" demandé à ce qu'il soit fait appel de cette procédure est finalement un tout petit peu rassurant. Tout dépend s'il s'agit d'une objection formelle pour sauver la face; ou si le dossier sera vraiment revu sur le fond, lors de l'appel annoncé pour octobre.



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Mise à jour du 04/05/2011. Sur le même sujet, voir aussi le reportage de FR3 Languedoc-Roussillon hier soir (juste après le sujet initial sur les punaises de lit : on admirera notamment le sérieux imperturbable avec lequel un DG de Moncigale, Jean-Baptiste Duverne, indique que "Ce transfert n'a rien à voir avec la procédure de sauvegarde, il était en discussion au sein du Groupe Belvédère, et on y pense depuis au moins plus de deux ans" . Au passage, le reportage indique que Monsieur le Maire a bien été élu administrateur de Belvédère (pas de Moncigale, non, mais bien de la holding qui veut faire peser sur la société locale le poids de sa dette). Ce n'est pas tout à fait exact. Il y a eu simplement un "voeu" prononcé dans ce sens.

Autre compte-rendu sur le site web du Midi-Libre.

Le message de Bienvenue des salariés aux Actionnaires de Belvédère

Ce matin, nul ne l'ignore, a eu une lieu une AGE destinée à transférer le siège de Belvédère à Beaucaire, dans les locaux de sa petite-fille, Moncigale. Résolution passée comme une lettre à la poste, mais ne me demandez surtout pas le décompte des voix valides...

Pour les actionnaires qui n'ont pu se rendre sur place, voici dans un premier temps le message de Bienvenue qui a été distribué par les salariés du Groupe. Enfin, par les salariés du Groupe qui ont osé bravé les pressions très amicales qui leur ont été faites en vue d'une abstention de présence (Ciel! Ces vilains de salariés auraient-ils une conscience? Seraient-ils finalement attachés à leur emploi?) :

« BIENVENUE AUX ACTIONNAIRES CHEZ MONCIGALE

Nous avons le plaisir de vous offrir cette fable qui vous permettra de patienter en attendant le buffet de midi :

Moncigale ayant chanté tout l’été
Se trouva fort dépourvue
Quand Belvédère fut venue.
Elle alla crier famine
Au tribunal de Commerce de Nîmes,
Le priant de la sauvegarder
Pour lui permettre de subsister.
Belvédère passant par là
Aussitôt en profita
Pour planquer sa dette abyssale,
Intérêts et principal.
Moncigale est trop prêteuse,
C’est là son plus gros travers.
- Que faisiez-vous pendant l’hiver,
Dit-elle à cette exploiteuse ?
- Je tradais, ne vous déplaise.
- Vous tradiez, j’en suis fort aise :
Eh bien ! Vendez maintenant ! »


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mercredi 3 août 2011

BELVEDERE au TC de Nîmes : qui ment à qui? (Part 3)

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Ainsi, le procureur de Nîmes aurait interjeté appel concernant l'extension de procédure de sauvegarde de Moncigale à Belvédère?

Pour les salariés de Moncigale, croisons les doigts pour que cela soit vrai. Car même si les FRN ont fait une déclaration de tierce opposition, (lettre reçue au TC il y a quelques jours), il y a un doute si l'on relit les textes sur leur droit à le faire. Par droit, j'entends bien au sens juridique, et non pas au sens moral.

Or si faille juridique il y a, on commence à connaitre nos cocos polonais (Jacques Rouvroy ayant été définitivement écarté de la Direction) : c'est reparti pour quelques années, le temps que la Cour de Cassation statue.

Alors qu'il y avait une raison majeure pour que Belvédère ne bénéficie pas d'un plan de sauvegarde : cette procédure est interdite aux sociétés qui sont en cessation de paiement. Et je suppose que Krzysztof Trylinsky a déclaré ne pas être en cessation de paiement, lorsqu'il a appelé de tous ses voeux le prononcé de confusion de patrimoine, au nom de tous les abus de biens sociaux faits à l'encontre de Moncigale? Ce qui lui permettait de se mettre encore une fois à l'abri de tout créancier.


Le motif était que les gros méchants FRN allaient obliger Belvédère à mettre le couteau sous la gorge de Moncigale. Or si l'on regarde de plus près, c'est bien Belvédère qui met le couteau sous la gorge de Moncigale, en refusant que les sociétés polonaises lui règlent leurs dettes (entre autres abus; et sans parler des actes au titre des conventions réglementées effectuées sans accord de l'AG).


Et le risque majeur est que Belvédère entraine Moncigale dans la tourmente, en refusant obstinément de régler le moindre créancier. Le fisc d'ailleurs doit considérer que la cessation de paiement est atteinte, puisqu'il a publié une inscription de privilège le 31 mai dernier. Soit avant l'ouverture de la procédure de Moncigale :

Inscription du 31 mai 2011

Numéro 93

Montant de la créance : 20 153 934,00 EUR

Organisme créancier : DIRECTION DES GRANDES ENTREPRISES - 8 RUE COURTOIS - 93505 PANTIN CEDEX
Compléments : NUMERO DE L'INSCRIPTION AU GREFFE : 70/2011/93


Sauf si Monsieur le Procureur de Nîmes considère qu'il ne s'agit pas d'une cessation de paiement, mais d'une simple mauvaise volonté de Belvédère?

Espérons que la raison l'emportera, et que la cessation de paiement sera le motif retenu pour rejeter la décision de procédure de sauvegarde à l'égard de Belvédère, afin de couper court à toute nouvelle argutie juridique de la part de nos compères polonais.




A suivre aujourd'hui : la petite revue de presse de Beaucaire.

samedi 9 juillet 2011

Moncigale et Belvedere : date limite pour les déclarations de créances

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La date de parution au Balo constitue le point de départ pour le calcul du délai de deux mois pendant lesquels les créances doivent être déposées.

Concernant Moncigale, la date de parution est le 30/06/2011.
MONCIGALE
Groupe BELVÉDÈRE
Siren 327373460
Sigle LCB
Forme juridique / Capital Société par Actions Simplifiée
Activité l'achat, le stockage, le conditionnement, la vente et le négoce de vins et de liquides alimentaires de toute nature, l'élevage, le traitement et le coupage de vins.
Type Personne Morale
Adresse quai de la Paix 30300 Beaucaire France
Evenements
Jugement
Description Ouverture d'une Procédure de sauvegarde
Nature Jugement d'ouverture d'une procédure de sauvegarde
Date 16/06/2011
Complément Jugement prononçant l'ouverture d'une procédure de sauvegarde et désignant administrateur Me Fabre Olivier 7 rue École de Médecine 34000 Montpellier avec les pouvoirs : surveiller les opérations de gestion du débiteur, mandataire judiciaire Me Torelli Frédéric 29 rue des Lombards 30000 Nîmes. Les déclarations de créances sont à déposer auprès du Mandataire Judiciaire dans les deux mois de la présente publication.
Publication
Source BODACC PCL
Date de parution 30/06/2011
Nojo BXA11174001178B
N° de parution PCL_BXA20110126
N° annonce 1101
Tribunal TRIBUNAL DE COMMERCE DE NÎMES


Concernant Belvédère, j'allais communiquer la date d'application quand subitement j'ai été prise d'une crise de hoquet.

Le temps de vérifier un détail et je vous donne ça sur un autre article.



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mardi 5 juillet 2011

"Parachever ce qui est bon pour Beaucaire" : Moncigale, le bouclier humain

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Découvert ce soir, sur le site du journal 'Le Midi-Libre', une déclaration du Maire de Beaucaire commençant ainsi :

'Beaucaire Municipales : Jacques Bourbousson sera candidat à sa propre succession
09/06/2011, 06 h 00


"Si je ne suis pas mort, et si la population le veut, je serai candidat pour finir de parachever ce que je pense être bon pour Beaucaire."

Le maire de Beaucaire, Jacques Bourbousson, ne pouvait être plus clair : il compte bien se représenter pour les prochaines élections municipales. C’est ce qu’il a annoncé hier à Midi Libre lors d’un entretien.

Jacques Bourbousson espère en effet qu’à la fin de son mandat, en 2014, un certain nombre de ses projets seront réalisés ou en route.

Rappelons que Jacques Bourbousson est déjà candidat aux législatives 2012 sur la première circonscription. Il travaille actuellement activement ses réseaux en vue de la campagne. (...)


Commentaire très personnel :


"Parachever ce qui me semble être bon pour Beaucaire" : on peut espérer que Monsieur le Maire n'a jamais été informé du sale projet qui a conduit les Chais Beaucaurois (Moncigale) à devenir un bouclier humain pour protéger la société Belvédère de ses créanciers. Un bouclier humain de 265 salariés.

Décision du Tribunal de Commerce de Nîmes de mise sous sauvegarde Belvédère, venue démentir la Cour d'Appel de Dijon. Qui avait jugée il y a deux mois, que au vu du non-respect de ses promesses, Belvédère ne pouvait plus bénéficier d'un plan de sauvegarde.

Décision qui va retarder les échéances pour Belvédère, et lui épargner de payer enfin ses dettes. Mais qui à terme est catastrophique pour Moncigale. Pour ses salariés voire ses fournisseurs.

Parachever ce qui est bon pour Beaucaire est une idée excellente. Empêcher la disparition d'emplois et les pertes économiques pour les fournisseurs est encore plus efficace. Peut-être Monsieur le Maire a t il un réseau de relations auquel il pourrait faire appel, pour faire revenir les juges du TC de Nîmes à plus de raison?



Message sans doute vain. Mais sachant que Monsieur le Maire cultive son réseau de relations ; que sa fille a paraît-il ses entrées naturelles au Tribunal de Commerce de Nîmes, qui sait? Peut-être pourrait-il lui en glisser en un mot? Peut-être à son tour pourrait-elle tenter de convaincre le juge Teddy SALA de constater une erreur d'appréciation?


.NB1 : naturellement, dans un premier temps, il est hautement probable que les viticulteurs de la coopérative de Beaucaire ne subiront pas de pertes, et que leur sort sera étudié avec attention dans la rédaction du plan de sauvegarde (même si ce n'est pas légal, mais on n'en est pas à ça près). Le problème ne viendra que DANS UN SECOND TEMPS. Sur les vendanges de cette année.