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mercredi 12 août 2009

Ils ont recommandé Golog - 2 - MLEFI

MLEFI (Europe, Finance et Industrie).
Le célèbre introducteur du ML, présidé par Thannberger, devait révolutionner le monde Marché Libre . EFI a édité une magnifique Analyse Financière inspirée par celle de Dynexfi, qui valorisait Golog à 8,68. Pas plus que Dinexfi, EFI n'a été influencé par l'AK à 0,10 euro effectuée par les dirigeants quelques semaines avant l'introduction. L'étude est disponible en rubriques "liens".

Parmi les arguments de vente que EFI faisait valoir aux dirigeants, afin de les convaincre de s'introduire en Bourse :

"- Europe Finance et Industrie n’est que d’un seul côté, celui du propriétaire et de son entreprise. Son fondateur est dans la même logique que le chef d’entreprise puisqu’il est lui-même coté en Bourse.

- Europe Finance et Industrie ne gère aucun conflit d’intérêts. Europe Finance et Industrie attire tous les grands investisseurs du monde, mais Europe Finance et Industrie reste arrimé du côté des entreprises et de leurs propriétaires. Europe Finance et Industrie ne trahit jamais ! Europe Finance et Industrie ne joue pas avec l’argent des autres, ni avec les entreprises des autres.

- Europe Finance et Industrie ne pense pas seulement au financement de la croissance. La bourse est faite pour cela. Europe Finance et Industrie n’oublie jamais que l’ardente obligation d’un propriétaire d’entreprise est de séparer, avant qu’il ne soit trop tard, le pouvoir 51 %, de son patrimoine privé. En clair, 51 % vont et peuvent rester en bourse, 49 % doivent être valorisés par elle et rendu liquides au fur et à mesure que la croissance s’accélère et le cours monte. Celui qui ne va pas en bourse perdra un jour tout, c’est-à-dire les 100 %...

- Plus une entreprise grandit, moins il faut en posséder parce que le propriétaire prend toujours plus de risques.

- L’introduction en bourse est davantage une opération de communication que financière stricto sensu."


Sources : http://www.efi.fr/index-flash-fr.htm

Depuis, après avoir encensé le marché chinois qui était l'unique clé possible de développement, au regard de la frilosité des français ; après avoir promis d'y avoir plein d'affaires juteuses en cours qui devaient être payées incessamment, et bien que ses comptes faisaient apparaître de superbes résultats théoriques, Europe Finance et Industrie a fini par lasser ses créanciers.

Elle a été mise en liquidation judiciaire le 26 mai dernier.

mardi 11 août 2009

Décrypter une annexe - Comptes consolidés

Une vraie source pour les apprentis comptables, le document d'introduction Golog. Et en le lisant, on comprend mieux pourquoi Golog a eu besoin d'autant de temps en 2009 pour établir des comptes consolidés.

Certains avaient déjà déjà émis l'hypothèse, (et même affirmé) que les comptes consolidés Golog de 2007 n'étaient pas orthodoxes. Et que par exemple les écritures intercos (entre sociétés du groupe) n'étaient pas neutralisées.

Et effectivement, que lit-on, dans la (très brève) annexe consacrée aux comptes consolidés de Golog en 2006?

Comptes annuels consolidés relatifs à l’exercice clos au 31 décembre 2006
Les documents comptables ci-joints ont été établis à partir des balances arrêtées au 31/12/2006 des sociétés
suivantes :
- GOLOG France ;
- GOLOG Allemagne ;
- GOLOG Belgique ;
- GOLOG Royaume-Uni.

Cela semble clair : le Groupe consolide ses principales filiales, à l'exception de Golog Inc USA, et de Golog International, à qui il a prêté de l'argent, mais qui doivent être exclues du périmètre, pour des raisons non dites : absence d'activité? absence de contrôle majoritaire?

On continue la lecture :

Nous attirons l’attention des lecteurs sur les points suivants :
- Ces états financiers sont une simple agrégation des balances des filiales du groupe GOLOG et sa holding ;
- Ils ne constituent pas une consolidation des comptes de chaque société ;

Comment? Les comptes consolidés NE SONT PAS des comptes consolidés? Mais cela change tout. Cela veut dire que pour avoir une estimation du Chiffres d'affaire réel du Groupe, de son endettement, de ses créances, il faudrait retrouver le détail de toutes les écritures entre sociétés du groupe, pour les neutraliser. Par exemple, si Golog Holding a prêté X euros à une de ses filiales, on doit éliminer du bilan les X euros inscrits en tant que Créances dans l'actif de Golog Holding, et les mêmes X euros inscrits comme dettes au passif de la filiale. Cela ne va être simple, en l'absence d'accès aux comptas détaillées des filiales.


- Les comptes courants intragroupe ne sont pas réciproques.


Re-Comment? Quand une société prête X euros à une autre, l'autre ne reconnait pas avoir emprunté ces mêmes X euros?

On comprend mieux que les comptables se soient arrachés les cheveux pour les comptes 2008..... Qui doit combien à qui? Vaste sujet....

Savoir lire un rapport (suite) -conventions réglementées

Bon, on s'est attaqué hier au corps du texte d'un rapport de Commissaire. Mais il y a d'autre "détails" qu'il faut prendre en compte.

Le texte cité hier est extrait d'un document présenté par Golog lors de son introduction en Bourse. Et ce texte apparait sous le titre :
Rapport spécial des commissaires aux comptes sur les conventions réglementées portant sur l’exercice clos au 31 décembre 2006


De toute évidence, "la secrétaire" qui a repris les documents du Commissaire s'est trompé dans ses copier/coller, et a placé sous ce titre le rapport sur les comptes. Et non pas sur les conventions réglementées. C'est quoi, un "Rapport sur les Conventions Réglementées"? C'est un rapport qui met en avant les flux entre une société, et ses parties prenantes (actionnaires, adminisitrateurs, filiales) et par exemple : salaires, engagements hors bilan, prêts, emprunts. Avec une interdiction de taille : une société n'a pas le droit de prêter de l'argent à ses actionnaires. En France, cela s'appelle de l'abus de biens sociaux.

Quel dommage que la secrétaire ait fait une telle erreur. Il auait été interessant de connaître l'avis du Commissaire sur les créances suivantes :

Autres créances: 2 897 816,22 €

- Créances envers administrateurs 33 333,58 €
- Créances envers actionnaires 81 167,46 €

- Créances envers GOLOG SPRL Belgique 1 136 900,37 €
- Créances envers GOLOG France 1 361 195,64 €
- Créances envers GOLOG Allemagne 113 880,75 €
- Créances envers GOLOG U.K. 33 735,50 €
- Créances envers GOLOG Inc USA 120 573,90 €
- Créances envers GOLOG International 17 029,02 €

Non, décidément, la secrétaire a encore du se mélanger les pinceaux en recopiant le texte. C'est la seule explication possible.

lundi 10 août 2009

Savoir lire un rapport du Commissaire (aux comptes)

Les comptes d'une société s'accompagnent d'un rapport du Commissaire aux comptes en droit français, du Commissaire ou Réviseur selon les cas en droit Luxembourgeois. Quand il existe, la lecture en est primordiale pour se forger une opinion.

En France, un Commissaire aux comptes peut
- certifier les comptes sans réserves
- les certifier avec réserves
- refuser de les certifier.

Au Luxembourg, un Réviseur d'entreprise peut
- effectuer les mêmes choix
- ou agir en tant que simple Commissaire,sans engager sa responsabilité (cf article "Différences entre un Cimmissaire et un Réviseur")

Voici un exemple de rapport pris au (presque) hasard, avec quelques remarques de lecture


Rapport du commissaire aux comptes aux actionnaires de la société XXX à Wiltz
Exercice 200Z

Conformément aux dispositions légales et statutaires, nous avons l’honneur de vous rendre compte de l’exécution, pour l’exercice clos au 31 décembre 200Z du mandat de commissaire aux comptes qui nous a été confié.

Nous avons effectué notre mission sur base de l’article 62 de la loi modifiée du 10 août 1915. Ce rapport ne constitue pas une attestation sur les comptes annuels au sens des articles 252(4) et 256 de la loi modifiée du 10 août 1915
.

Autrement dit : le signataire dit intervenir en tant que Commissaire, et pas en tant que Réviseur. Simple avis, donc, ne mettant pas en jeu sa responsabilité

Nous avons examiné le bilan au 31 décembre 200Z et le compte de pertes et profits 200Z de la société XXX HOLDING S.A. sur base des livres et justificatifs comptables correspondant à l’exercice clôturé. Ces contrôles ont été effectués par sondages et toutes autres méthodes jugées nécessaires dans la circonstance.

Nous n’avons pas eu l’opportunité d’obtenir des tiers les confirmations de soldes des créances et dettes figurant au bilan
.

Traduction : le Commissaire n'a eu aucun moyen de vérifier que les données présentées étaient exactes. Et s'il se pose la question, c'est que les montants sont très au-delà des normes, sachant que le chiffre d'affaire est quasi-nul. Le fait qu'il en parle indique qu'il a de sérieux doutes. Comment cela, Monsieur, on vous doit plus de 3 M€, alors que vous n'avez fait aucun chiffre d'affaires?

Les contrôles effectués nous ont cependant permis de vérifier que les comptes au 31 décembre 2006, dont le total du bilan s’élève à 4.153.917,50 € incluant une perte à affecter de 50.916,36 € pour l’exercice, sont en concordance avec la comptabilité et les pièces comptables qui nous ont été présentées.

Traduction : on demande au Commissaire d'émettre un avis sur des comptes, tout en ne lui présentant que... les comptes. Il est logique ce Commissaire : pas d'erreur d'addition dans la comptabilité présentée.


Nous attirons cependant l’attention des dirigeants de la société sur la question de la présence et de la conservation des documents et pièces justificatives originaux au siège de la société.

Là, normalement, en tant qu'investisseur, tous vos sens devraient se mettre en alerte : le Commissaire n'a vraiment RIEN VU qui puisse lui permettre de se forger une opinion sur la réalité des comptes....

Wiltz, le 21 juin 200W


A la lecture d'un tel rapport, pensez-vous que les dirigeants aient agi pour permettre un peu moins de réserves lors de l'examen des compte de l'année suivante?

Hélas. Le rapport de l'année suivante était exactement le même, au montant des chiffres près. Remplacer ceux du texte précédent par "total de bilan de 6.318.282,87 € incluant une perte à affecter de 77.461,52 €.

L'année suivante encore, en guise de rapport du Commissaire, les actionnaires ont eu droit à un simple courrier d'une autre intervenant disant qu'une autre société avait certifié les comptes.

ET pourtant, que les détails sont donc importants! Pour l'année d'après, on n'en sait rien, les comptes n'ont pas encore été communiqués aux actionnaires.....