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vendredi 13 avril 2012

GECI : Terminus, tout le monde descend (ou presque)

Adieux veaux, vaches, cochons... et subventions pour GECI. Reuters vient de lancer un pavé dans la mare en dévoilant un rapport d'expert qui ne fait que reprendre ce que de nombreux forumeurs disaient tout haut :
marché sur-évalué, plan de financement insuffisant, subventions douteuses.... Sans compter la réalité du contrat Aviamost remise en doute.

En diffusant ce rapport, Reuters signe l'arrêt de mort de GECI. Fini la mascarade du Skylander. La faillite étant désormais assurée, reste le sort de l'activité conseil de GECI, et de ses 100 à 200 salariés (chiffre à géométrie variable, puisque certains d'entre eux sont prestataires de services, et qu'il est difficile vu les communications de GECI de faire la part entre les salariés affectés au Skylander, et ceux intervenant en conseil - crédit d'impôt oblige). La seule solution envisagée par ces "experts" (dont probablement des analystes du FSI) est d'étudier une solution "alternative" (alternative aux subventions d'Etat et prise de participation du FSI), en recommandant d'adosser GECI à un grand groupe de type EADS ou Dassault Aviation. La faillite étant certaine, c'est le seul moyen a priori de sauvegarder les emplois correspondants.

Pour les petits (et gros?) actionnaires, la fin du rêve s'impose, GECI ayant retardé la date de son AG "afin d'assurer une parfaite information des actionnaires" et pris acte de la fuite imminente, en demandant la suspension du cours quelques minutes avant la parution de la synthèse du rapport. Pour C.Goetz, qui militait pour l'arrêt des subventions sur son site http://adicgeci.centerblog.net/, il va pouvoir prendre des vacances, et s'épargner les insultes et menaces habituelles sur le forum Boursorama.

Ci-dessous le texte de Reuters, et les renvois aux principaux articles sur ce blog :
PARIS, 12 avril (Reuters) - Le projet d'avion français Skylander est largement sous-financé dans son montage actuel et nécessiterait des dizaines de millions d'euros d'investissements supplémentaires, indique un rapport d'experts que Reuters a pu consulter.

Porté par la société d'ingénierie aéronautique Geci International, ce projet vise à construire un petit bi-turbopropulseur pour les régions difficiles d'accès mais sa mise en oeuvre est actuellement suspendue à un éventuel investissement supplémentaire de 60 millions d'euros des pouvoirs publics.

Le rapport place l'Etat français dans une situation délicate puisqu'il pourrait encourir l'ire de Bruxelles s'il venait à investir davantage de fonds publics dans un projet privé dont la rentabilité économique n'est pas démontrée.

La Commission européenne enquête déjà sur près de 50 millions d'euros accordés à Geci International par les pouvoirs publics, à travers notamment la région de Lorraine, Oseo et d'autres services de l'Etat, comme la Délégation générale à l'armement (DGA).

Soutenu aussi bien à gauche qu'à droite, tant à l'échelon national que local, le Skylander est présenté comme critique pour la réindustrialisation de la Lorraine et son avenir pourrait être tranché en pleine campagne électorale.

Selon le document consulté par Reuters, les experts mandatés par les pouvoirs publics estiment le coût total du projet à 306 millions d'euros, soit 70 millions de plus que prévu, et jugent le plan d'affaire bien trop optimiste tant en terme de marché potentiel que de cadence de production.

Le Skylander est censé pouvoir transporter 19 passagers ou 2,7 tonnes de fret et être adapté pour des missions de surveillance ou de transport militaire. Il concurrencerait des appareils comme le Twin Ottet, le LET 410, le Cessna Caravan et des avions d'occasion comme le Beech1900.

PRÉVISIONS TROP OPTIMISTES

Le rapport d'experts est positif sur la qualité technique du projet et le professionnalisme des ingénieurs mais souligne que la prévision de livraison de 1.500 avions sur 15 ans semble trop optimiste pour un marché délaissé par les constructeurs et sur lequel la location et l'occasion assurent une partie de la demande.

Les experts estiment plus réaliste un programme de 1.000 appareils sur 20 ans, soit une cadence de 48 livraisons par an environ alors que la production moyenne d'avions de ce type n'excède en général pas 40 unités par an.

En outre, le rapport juge que Geci ne laisse aucune marge aux aléas propres au secteur aéronautique - comme d'éventuels retards de production - et ne prend pas en compte les nouvelles adaptations nécessaires au cours du cycle de vie de l'appareil.

"Il est très probable que le Skylander doive, au cours de sa vie commerciale faire l'objet de développements complémentaires. Ces évolutions ne sont pas prises en compte dans le modèle financier (la visibilité sur leur besoin n'est pas suffisante à ce stade)", écrit le rapport.

Il ajoute que le retour sur investissement ne sera atteint qu'à un horizon lointain.

"Le passage du point mort s'effectue dans le cas de base en 2030, soit 15 ans après la certification/lancement de production", juge le rapport.

Pascale Sansonetti, la secrétaire générale de Geci International, a déclaré à Reuters vendredi: "La société communiquera très prochainement sur l'ensemble des discussions en cours. Les audits ne sont pas terminés, les discussions sont toujours en cours".

Dans un communiqué diffusé le 6 avril, Geci International avait jugé que les "les premières conclusions des experts (..) sont positives, en particulier concernant la qualité technique de l'avion et son positionnement, le professionnalisme des équipes et l'industrialisation qui ont été favorablement appréciés".

Les autorités publiques s'inquiètent aussi de la solidité du contrat signé entre Geci International et Aviamost, une société russe qui a signé un accord préalable pour l'acquisition de 40 Skylander avec une option de 260 avions supplémentaires.

Le projet Skylander a été dynamisé par ce contrat et le cours de Bourse de l'entreprise s'est envolé sur les perspectives de commandes fermes.

Selon Geci, les 40 premiers avions représenteraient un chiffre d'affaires de 260 millions de dollars (200 millions d'euros environ).

Le cours de Bourse de Geci a bondi de 88% depuis le début de l'année. La capitalisation de l'entreprise approche désormais 85 millions d'euros. La cotation du cours a été suspendue durant la matinée.

Selon une source proche du dossier, une solution alternative serait que les pouvoirs publics convainquent un industriel comme EADS ou Dassault Aviation de proposer un adossement à Geci. (Julien Ponthus)


Sur les incohérences de GECI et ses récurrentes commandes fantômes : avion "chinois" et communiqué sur le CA T3 : que d'incohérences !
Sur les subventions : Vive les élections ! et la confirmation de l'arnaque : Avions chinois : confirmation de l'absence de commande
Et bien sûr, les 20 questions toujours sans réponse de feu Jean Quiquempoix

PS : troisième société du blog, après Golog et Loyaltouch à retarder une AG pour "assurer la parfaite information des actionnaires" . Conclusion ?

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2 commentaires:

  1. Peut-être pas le dépot de bilan mais le pot-aux-roses est découvert maintenant

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  2. Je vois mal comment ils pourraient y échapper. Il manquait 5 millions d'euros dans les caisses il y a trois mois, qui ont été aimablement "avancés" par la région Lorraine. Je doute fort que la région se permette de réiterer, et encore moins l'Etat. Reste qui pour financer les salaires et l'Urssaf? Les banques?

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