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vendredi 15 février 2013

Prologue : avis négatif

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Prologue est une société oeuvrant dans le secteur informatique, et tentant de s'implanter dans le SAAS et le coud computing.

La société a été mise en RJ en 2004, et bénéficié d'un plan de continuation en 2005, avec plan d'apurement de la dette (étalement et réduction), renégocié à deux reprises.

Nicolas Miguet promet à ses lecteurs qu'elle serait  "l'action de l'année 2013".

En réalité, sauf investissement philanthropique, mieux vaut rester à l'écart. A 1.29 euros, la société représente une capitalisation de 11 millions d'euros, avec au 15 février  8 636 844 actions.  Pour des fonds propres négatifs à hauteur de 12 millions d'euros à fin 2011. Une procédure d'alerte a été confirmée par ses commissaires aux comptes lors de la dernière assemblée générale du 4 décembre 2012 (document d'origine non disponible).

Suite à une distribution gratuite de BSA en 2012, la société, qui  a dégagé un très maigre  résultat opérationnel en 2011, n'échappe à la cessation de paiement que grâce aux souscriptions de capital qui en résultent, avec un prix d'exercice à 1 euro.

Pourquoi le cours est-il aussi élevé ?  Le BSA,  "ProBSABSAA" code PROBT, donne droit à souscrire à une nouvelle action et à l'attribution gratuite de nouveaux BSA,  eux aussi   cotés.

Ces derniers BSA de base, venus rejoindre une ancienne ligne existante, ont vu leur cours passer de 0.04 euro à 0.28 ce jour (avec un maximum de 49 centimes), suivant le cours de l'action qui a triplé fin octobre-début novembre 2012, en trois jours à peine.


Cours de l'action Prologue

Pourquoi une telle hausse ? La société a bien communiqué une hausse de près de 10% de son chiffre d'affaires pour le T3 2012, lui permettant d'espérer obtenir le même niveau que l'année précédente, après un premier semestre en régression. Mais cela justifie-t-il un triplement du cours ? 

En fait, début novembre, Miguet via son journal HebdoBourse+ recommande l'action prédisant un cours de 5 à 7 euros à moyen terme, et de 11 à 12 à long terme.   Et il continue par la suite de conseiller le titre, avec des arguments dignes de Nanard Ze Blogueur : 
"Je viens de lire une ancienne interview (datant du 4 octobre 2011) d’un dirigeant de la société Prologue, disponible sur le site bourse.lesechos.fr, à la page « Prologue ». Ce dirigeant a pour objectif de prendre 15% de part de marché au niveau mondial du Cloud Computing, d’ici à 2020. Cela représenterait donc des milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, est-ce bien cela ou, peut-être, que je me trompe ?
Non, vous ne vous trompez pas. etc..."

En réalité, Prologue, même avec cette petite hausse d'un chiffre d'affaires trimestriel, continue à souffrir en termes de trésorerie. Elle ne parvient pas en novembre à régler son échéance du plan d'apurement, et cumule les impayés auprès de l'URSSAF et du fisc, qui enregistrent leurs privilèges en janvier :


PROLOGUE ( ANC DEN : PROLOGUE SOFTWARE )
382 096 451 R.C.S. EVRY
Adresse : ZA de Courtaboeuf - 12 Avenue des Tropiques 91940 LES ULIS
Greffe du Tribunal de Commerce de EVRY 
Type d'inscription Nombre d'inscriptions Fichier à jour au Sommes conservées
Privilèges de la sécurité sociale et des régimes complémentaires 
22 28/01/2013 1 590 403,37 €
Privilèges du Trésor Public 
2 28/01/2013 2 100 008,54 €


Source : Infogreffe 

Et l'échéance de novembre ne sera payée que grâce aux augmentations de capital souscrites par les titulaires du BSA.  Qui pour nombre d'entre eux, pas intéressés par l'action quand elle était deux fois moins chère, raisonnent ainsi : en achetant des BSA  (PROBT) à 0.49 (cotation de ce jour), je souscris autant d'actions à 1 euros, les revend à 1.28 (cours du jour) et encaisse le montant du PROBS (0.28). Gain net  = 1.28+0.28-1.49 = 6 centimes par action.  Les plus confiants conservant le BS pour souscrire plus tard (ils ont jusqu'à 2019 pour le faire).  Une sorte de "cercle vertueux" qui risque bien de s'effondrer lorsque tous les BS PROBT auront été distribués.  Car il faudra bien revenir aux fondamentaux. D'ailleurs, comme le relevait un intervenant, "si les patrons croyaient à leur société, ils ne revendraient pas leurs titres".

Les fondamentaux, c'est que avec une rentabilité faible, et surtout, l'absence de trésorerie dégagée par l'activité opérationnelle, c'est de la corde raide. Le résultat 2011, 2,1 millions d'euros, résultant de reprises de provisions sur une filiale liquidée ne peut pas faire illusion En décembre, les dirigeants (familles Seban et Rouvroy) avaient tenté de convaincre les actionnaires de procéder à une série de nouvelles augmentations de capital, dont certaines réservées à un equity liner (YA). Hélas,  ayant oublié de déclarer leur franchissements de seuils, une partie de leurs titres a été  privée de droits de vote pour 2 ans, et ils n'ont pu réunir le quorum

Ce n'est peut-être que partie remise. En attendant, avec une dilution potentielle au quart pour les anciens actionnaires, si les BS sont exercés, et une autre peut-être à venir si une nouvelle AGE est convoquée, le cours de ce jour est nettement trop cher.  Pour ceux qui aiment le risque, croient aux perspectives de développement, et souhaiteraient tenter l'aventure, mieux vaut attendre qu'il retombe à ses niveaux d'avant novembre. Voire en dessous.  Calculer le résultat attendu par action.  



5 commentaires:

  1. Désolée pour la pub sauvage, que j'ai pourtant refusé sur ce blog : Google avait trouvé que "liner" devait renvoyer les lecteurs à des fournisseurs de maquillage : j'ai donc redirigé vers un article de Wikipedia dont je suis l'auteur, sur les PACEO.

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  2. Deuxtroy, peux tu m'expliquer cette affaire qui est présentée dans le figaro sur ce contrat qui liait NM à BVD (sous direction de JR alors) pour 2M d'€. Si c'est le cas, il jouait sur les deux tableaux, d'un côté j'ai un contrat pour louer les mérites de BVD et de l'autre côté je m'oppose en AG au proposition de la direction. En fait, on a l'impression que c'est plus un contrat avec l'enseigne direction et comme celle ci se retrouve aujourd'hui dans l'opposition il ne le respecte plus. C'est cela?

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  3. ?? 1. Vous n'êtes pas sur la bonne page
    2. Je ne me souviens pas d'avoir vu "amidusite" faire de telles erreurs d'orthographe, d'ailleurs amidudite comporte une coquille.
    3. A quel article du Figaro faites-vous allusion ? Je n'ai connaissance d'aucun article mentionnant une telle somme. Merci d'apporter le lien vers l'article. Dans le cas contraire, le commentaire sera supprimé dimanche.

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  4. OK, vous parliez sans doute de cet article sur le site de Wansquare : "le double jeu de Nicolas Miguet". Bon, je prépare un article à part, avec la vision BVD, celle de NM, ...et la mienne. ;)

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    1. Bonsoir Deuxtroy, c'était bien moi "amidudite" et désolé pour les coquilles et les fautes d'orthographe, j'étais pas dans mon assiette. Mais inversement merci d'avoir remarqué que normalement je ne fais de fautes, c'était flatteur à contrario.
      Compliment pour compliment, pour le fond,j'ai apprécié votre analyse que je viens de lire. C'est très approfondi. J'ai le sentiment que l'avenir va nous réserver des surprises. Un peu comme "Findus", on trouve une petite anomalie et puis on tire les ficelles et on prend conscience que tout est de travers dans l'Europe entière.
      Je ne vais pas revenir sur le fond, vous l'avez bien analysé, mais il est très frustrant de ne pas connaître ses interlocuteurs sur les forums. Je comprends que vous êtes très impliqué (e) (et connaisseur)dans cette affaire, comme moi d'ailleurs. Je la suis depuis très longtemps, même si je n'interviens pas sur Boursorama, car elle m’intéresse par implication directe.
      Merci pour votre travail en tout cas, et sachez que je vous lis.

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